Fasciné par les espaces immenses où le rapport de l’homme à la nature est constamment en jeu, Peter Doig peint souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence : canoës vides, maisons de travailleurs saisonniers, silhouettes solitaires devant des brumes flottantes.
Peter Doig ne peint jamais en plein air, pour composer ses toiles il exploite des sources photographiques variées : photos de famille, films d’horreur, journaux, cartes postales, dépliants touristiques, pochettes de disques…
S’appuyant sur un travail de la matière - jeu de textures, teintes pures et mélangées, effets de solarisation, halo, mises au point vagabondes -, ses œuvres échappent à une lecture univoque. Elles préconisent toujours une distance face au sujet. Les paysages sont noyés dans la nuit ou dans des halos de lumière et de brume, papillonnement des flocons ou des étoiles, labyrinthe des branches, reflets dans l’eau : il n’y a aucun rendu descriptif dans ces vues, Peter Doig peint des atmosphères, des contextes marqués par le malaise de l'homme réduit à l’étonnement et le trouble face à une nature idyllique où sa place ne va plus complètement de soi.
Suite à la vente d'une de ses œuvres White Canoe, 1991, pour 8,53 millions d’euros par Sotheby's (Londres) il est devenu l'un des peintres vivants les plus chers.
Une grande rétrospective lui a été consacrée par la Tate Modern en 2008, laquelle s'est ensuite déplacée au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.
Claes Oldenburg, né le 28 janvier 1929 à Stockholm, vivant et travaillant à New York, où il a grandi, est un artiste du pop art.
Il étudie l'art et la littérature à Yale entre 1946 et 1950 puis fréquente l'Institute of Art de Chicago de 1952 à 1954.
Il développe des versions « hard » et des versions « soft » de ses œuvres. À la fin des années 1950, il part à New York. En 1961, il réalise deux expositions The store et The street. Il s'intéresse au processus d'accumulation. Il loue un magasin, où, comme n'importe quel commerçant, il met des objets en vente (« si seulement je pouvais oublier la notion d'art »). Il participe au processus d'acculturation, comme Jean Dubuffet, refuse d'exposer dans un musée et décide d'exposer dans les quartiers défavorisés de New York. Oldenburg, autrefois opposé aux institutions, a cependant été nettement récupéré aujourd'hui. Il aurait voulu être « aussi libre qu'un drapeau au vent ».
Ses objets sont réalisés en plâtre (avec des couleurs qui dégoulinent). Il travaille principalement les thèmes de l'hygiène et de la nourriture. Par ces deux expositions, il montre sa volonté de rentrer dans la rue. La première sculpture mondiale d'Oldenburg est un immense rouge à lèvres (il travaille beaucoup avec le vinyle).
Il est très influencé par l'architecture métaphorique. L'objet pour lui est presque totémique. Toute trace d'existence est supprimée. Il fait presque l'apologie du supermarché. La démarche d'Oldenburg est proche de celle de Duchamp avec les objets. Il travaillera beaucoup avec Frank O. Gehry. Il est marié à l'artiste hollandaise Coosje Van Bruggen, avec qui il collabore depuis 1976 et qui exige que son nom figure sur les œuvres de son mari.
Ses œuvres puisent directement dans l'imagerie manga japonaise, qui est détournée et amplifiée sur des thèmes ou émergent des questionnements à première vue absents de l'aura kitsch et « kawaii » (en japonais, « mignon »} des bandes dessinées japonaises.
Il cristallise dans ses œuvres et ses projets, la nouvelle subculture de Tōkyō. Il est le représentant d’une génération imprégnée de l’imaginaire des mangas et des otakus*. Au fil du temps, les personnages se mettent à grouiller sur différents supports en deux dimensions ou sont moulés, dans des formats divers, du minuscule au géant, en fibre de verre et peints (Hiropon, 1997). Ils prennent aussi la forme de ballons géants en plastique aux couleurs criardes et, gonflés à l'hélium, qui envahissent les espaces d'exposition (Mr.Dob, 1997). Il réfléchit particulièrement aux scénographies pour que « le public ait l'impression d'être entouré par une multitude de caméras, même s'il se trouve en face d'une seule et même image ». Une figure à grosse tête, Dobe (qui a pris aujourd'hui pour lui « valeur d'autoportrait »), revient de manière répétée (Dobe in the Strange Forest, 1999), de même que les personnages Kaikai et Kiki ainsi que des motifs de champignons (Super Nova), de fleur et d'yeux (Jellyfish Eyes). À la fin des années 80, il crée la Hiropon Factory, devenue aujourd'hui la Kaikai Kiki Corporation. La société crée des logos, des T-shirts, des motifs pour des vêtements, toutes sortes de produits dérivés.
Considéré comme l’un des chefs de file du néo-pop japonais dit Superflat, il revendique l’héritage de Warholpop art américain, tout en analysant la manière dont l’art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental. et du
Takashi Murakami coordonne aussi des expositions montrant les œuvres de jeunes artistes de son pays. Son activité de commissaire d’exposition est pour lui tout aussi importante que son travail d’artiste. Lorsqu’il organise une exposition, il essaie à chaque fois de capter les aspects à mettre en valeur ceux de la spécificité japonaise. Il tente de mettre en relief le point de rencontre entre culture nippone et occidentale, il veut montrer des aspects de sa culture que les Occidentaux détestent ou ne comprennent pas. Chiho Aoshima, jeune artiste japonaise, est ainsi parrainée par Murakami, dont elle partage le style.
Murakami a par ailleurs collaboré avec la marque de maroquinerie de luxe Louis
Vuitton. Il conçoit pour la collection de l’année 2004, de nouveaux motifs alliant son univers à ceux de cette grande marque.
voici quelques images de ces oeuvres:
un lien sur le mouvement Kaikaikiki: http://english.kaikaikiki.co.jp/whatskaikaikiki/
Carlos Schwabe: La mort du fossoyeur. 1895-1900
Derniers Commentaires